Maroc

Au Maroc, l’inflation de janvier progresse malgré la baisse des carburants

Entre alimentation, énergie et consommation, les derniers chiffres du HCP montrent que la baisse des carburants ne suffit pas, à elle seule, à freiner l’inflation. Un enjeu direct pour le budget des ménages, dans un contexte où le FMI rappelle aussi l’impact mondial des prix du pétrole sur les prix à la consommation.

Mis a jour le 07/04/2026 a 02:45

L’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,3 % au Maroc en janvier 2026, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP). D’après l’institution, cette hausse mensuelle a été principalement tirée par l’alimentaire, tandis que les carburants ont, eux, reculé de 5,9 %.

Ce décalage illustre un point important pour les ménages : une baisse à la pompe ne se traduit pas automatiquement par un ralentissement général des prix. Quand l’alimentaire continue de pousser l’inflation à la hausse, l’effet positif de l’énergie sur le budget quotidien peut être partiellement absorbé par d’autres dépenses essentielles.

Pourquoi la baisse des carburants ne suffit pas

Dans les dépenses courantes, tous les postes n’ont pas le même poids ni la même fréquence. Les variations des carburants peuvent soulager certains budgets, notamment pour les déplacements, mais elles ne compensent pas nécessairement la hausse des produits de consommation régulière lorsque celle-ci reste portée par l’alimentaire.

Le dernier point de conjoncture du HCP, publié en janvier 2026, replace cette évolution dans un cadre plus large, en examinant l’activité, la consommation et les pressions sur les prix dans l’économie marocaine. Autrement dit, l’inflation ne dépend pas d’un seul facteur : elle résulte d’un ensemble de tensions qui touchent à la fois la demande, les coûts et l’environnement économique général.

Le rôle central des prix de l’énergie

Si les carburants ont reculé en janvier, la question énergétique reste centrale. Dans une analyse publiée le 9 mars 2026, le Fonds monétaire international (FMI) souligne qu’une hausse persistante de 10 % des prix du pétrole peut ajouter environ 40 points de base à l’inflation mondiale.

Ce rappel est important pour le Maroc, car les évolutions des marchés énergétiques internationaux peuvent rapidement influencer les coûts de transport, de production et, à terme, les prix payés par les consommateurs. Même en cas de détente ponctuelle sur les carburants, la sensibilité de l’inflation aux prix de l’énergie demeure forte.

Ce que cela signifie pour les ménages

Pour les ménages marocains, la lecture des chiffres de janvier appelle donc à distinguer deux réalités. D’un côté, le recul des carburants peut offrir un peu d’oxygène sur certaines dépenses. De l’autre, la hausse globale de l’IPC, tirée surtout par l’alimentaire, montre que la pression sur le coût de la vie reste présente.

En pratique, l’effet sur le budget dépend du profil de consommation de chaque foyer. Mais le signal principal envoyé par les données du HCP est clair : la baisse de l’énergie, à elle seule, ne suffit pas à annuler les tensions inflationnistes lorsque d’autres postes essentiels continuent d’augmenter.

Dans les prochains mois, l’évolution conjointe des prix alimentaires, des carburants et du contexte international restera donc déterminante pour mesurer la pression réelle sur le pouvoir d’achat.