Économie Maroc

Budget 2026 : pourquoi le gouvernement ouvre 20 milliards de dirhams de crédits supplémentaires

Le gouvernement a décidé d’ouvrir 20 milliards de dirhams de crédits supplémentaires dans le budget général de l’État pour l’année 2026. Présentée devant le Parlement par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaâ, cette rallonge vise principalement à financer des dépenses sociales, soutenir le pouvoir d’achat et répondre à certaines urgences, notamment les conséquences des inondations dans le nord du pays.

Cette décision s’inscrit dans un contexte économique tendu, marqué par l’instabilité des prix de l’énergie, les effets des tensions géopolitiques internationales et la nécessité de faire face à des dépenses non prévues dans la Loi de Finances initiale.

Une rallonge destinée en priorité au pouvoir d’achat

Selon le gouvernement, près de 90 % des crédits ouverts seront consacrés à des mesures à caractère social. L’objectif est de limiter les effets de la hausse du coût de la vie sur les ménages, notamment à travers le maintien de certains dispositifs de soutien.

Une part importante de cette enveloppe, soit 8 milliards de dirhams, sera destinée à la Caisse de compensation. Celle-ci permet à l’État de soutenir les prix de plusieurs produits essentiels, notamment le gaz butane et la farine, afin d’éviter une hausse trop brutale pour les consommateurs.

La compensation reste un outil central

Malgré les réformes engagées ces dernières années, la Caisse de compensation continue de représenter une charge importante pour les finances publiques. La progression des prix internationaux des matières premières et des produits énergétiques oblige l’État à intervenir pour amortir les effets de ces hausses sur les ménages.

À court terme, le gouvernement semble donc privilégier une logique de protection sociale, notamment dans une période sensible pour les dépenses des ménages, à l’approche de l’Aïd Al-Adha.

Deux milliards pour les victimes des inondations

Une partie de cette rallonge budgétaire sera également consacrée à l’indemnisation des populations touchées par les inondations survenues cet hiver dans le nord du pays.

Le gouvernement prévoit de mobiliser 2 milliards de dirhams pour accompagner les ménages sinistrés et contribuer à la réparation des dégâts causés par les intempéries.

Le soutien aux transporteurs prolongé

Les crédits supplémentaires permettront aussi de maintenir l’aide exceptionnelle destinée aux professionnels du transport routier. Ce dispositif vise à limiter l’impact de la hausse des carburants sur les coûts du transport, et donc sur les prix des marchandises.

Le gouvernement prévoit toutefois d’ajuster le rythme de versement de cette aide. Au lieu d’un paiement mensuel, le soutien sera désormais versé tous les quinze jours, afin de mieux suivre l’évolution des prix à la pompe et d’adapter plus rapidement le dispositif.

Des recettes fiscales en progression

Pour financer cette rallonge, l’exécutif compte principalement sur l’amélioration des recettes ordinaires de l’État. Selon Fouzi Lekjaâ, les rentrées fiscales enregistrées depuis le début de l’année ont permis de dégager des marges budgétaires supplémentaires.

Le ministre a notamment cité la hausse des recettes de TVA, en progression de 3,9 %, ainsi que celle de l’impôt sur les sociétés, qui aurait augmenté de 24,9 %.