El Niño, le Maroc face au risque d’une nouvelle sécheresse
Le phénomène climatique El Niño pourrait faire son retour dans les prochains mois. Ce réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, qui apparaît tous les deux à sept ans, peut modifier les équilibres météorologiques dans plusieurs régions du monde. Selon les zones, il peut favoriser des pluies torrentielles, des sécheresses, des incendies ou encore des cyclones plus intenses. À l’échelle mondiale, son retour inquiète d’autant plus que les températures restent déjà très élevées.
Pour le Maroc, l’enjeu est particulier. Comme le souligne Maroc Diplomatique, un nouvel épisode El Niño pourrait relancer le risque de conditions plus sèches, après une année pluviométrique qui avait permis d’améliorer temporairement la situation hydrique. Le Royaume reste toutefois vulnérable : les barrages, les nappes phréatiques, l’agriculture et l’approvisionnement en eau demeurent exposés à des épisodes de sécheresse répétés, dans un contexte de stress hydrique structurel.
Les conséquences pourraient rapidement dépasser le seul cadre climatique. Une baisse des précipitations fragiliserait les cultures, pèserait sur les rendements agricoles et pourrait accentuer la pression sur les prix alimentaires. Dans un pays où l’agriculture reste fortement dépendante de la pluie, la perspective d’un nouvel épisode sec oblige les autorités à anticiper : gestion des stocks, irrigation, priorisation de l’eau potable et adaptation des cultures deviennent des enjeux de court terme.
El Niño reste un phénomène naturel, mais ses effets peuvent être amplifiés par le dérèglement climatique. C’est pourquoi l’ONU appelle les États à mieux se préparer aux chocs climatiques à venir. Pour le Maroc, le possible retour d’El Niño rappelle surtout une réalité de fond : la question de l’eau n’est plus seulement saisonnière, elle est devenue stratégique.