Politique Maroc

Secteur agricole : la Fédération nationale appelle à deux sit-in à Rabat pour l’égalité entre SMAG et SMIG

La Fédération nationale du secteur agricole a appelé ses adhérents et les travailleurs du secteur à se mobiliser, samedi 23 mai 2026 à Rabat, à travers deux sit-in organisés devant les ministères des Finances et de l’Agriculture. Objectif : remettre au centre du débat les revendications sociales des fonctionnaires, employés et ouvriers agricoles, avec en priorité l’alignement du salaire minimum agricole sur le salaire minimum interprofessionnel.

Le premier rassemblement est prévu devant le ministère des Finances, entre 11h et 12h15, avant un second sit-in devant le ministère de l’Agriculture, de 12h30 à 13h30. La journée de mobilisation doit ensuite se poursuivre au siège de l’Union marocaine du travail à Rabat, à partir de 14h.

À travers cette action, la Fédération entend dénoncer le blocage de plusieurs dossiers sociaux et administratifs. Elle réclame notamment l’accélération de la publication des statuts particuliers de plusieurs établissements relevant du secteur agricole, toujours en attente au niveau du ministère des Finances. Parmi les structures concernées figurent notamment l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, l’Agence pour le développement agricole, l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, l’École nationale d’agriculture de Meknès, l’Office national du conseil agricole ou encore l’Institut national de la recherche agronomique.

Selon la Fédération, ces retards prolongés ont des conséquences directes sur les droits professionnels et sociaux des travailleurs concernés. Elle estime que les engagements pris dans le cadre du dialogue sectoriel n’ont pas été suivis d’effets concrets, malgré l’épuisement des différentes étapes de négociation avec le ministère de tutelle.

L’organisation syndicale dénonce également le renvoi de plusieurs accords vers le ministère chargé du Budget, sous prétexte d’en évaluer l’impact financier. Une situation qui, selon elle, contribue à maintenir les revendications dans l’attente, sans calendrier clair de mise en œuvre.

Parmi les autres demandes avancées figure l’intégration des titulaires de diplômes dans les échelles correspondant à leur niveau de formation, notamment dans le cadre de la révision des statuts des établissements publics relevant du ministère de l’Agriculture. La Fédération appelle aussi à l’application des engagements concernant les fonctionnaires et employés de l’Agence nationale des eaux et forêts, conformément au procès-verbal signé le 6 mars 2025.

Elle insiste par ailleurs sur la nécessité de renforcer les moyens accordés à la Fondation de promotion des œuvres sociales du ministère de l’Agriculture, dont le budget est jugé insuffisant au regard des besoins des travailleurs. La Fédération demande également l’accélération de l’adoption de la loi relative à la création de la Fondation des œuvres sociales des employés de la Conservation foncière, du cadastre et de la cartographie.

La question de l’égalité entre le SMAG et le SMIG reste au cœur de cette mobilisation. La Fédération rappelle que l’alignement du salaire minimum agricole sur le salaire minimum interprofessionnel fait partie des engagements évoqués depuis 2011, puis confirmés en 2022. Elle demande désormais l’activation concrète de cet accord, à travers la publication d’un décret fixant les étapes et les mécanismes permettant d’atteindre cette égalisation à l’horizon 2028.

Au-delà de la question salariale, la Fédération appelle à une meilleure reconnaissance des efforts fournis par les fonctionnaires du ministère, que ce soit dans les directions centrales, régionales et provinciales ou dans l’enseignement agricole. Elle estime que ces agents évoluent dans un contexte marqué par un déficit important en ressources humaines, ce qui renforce la nécessité d’un statut particulier adapté à leurs missions.