Japon : Sanae Takaichi obtient une supermajorité et consolide son pouvoir
Au Japon, la Première ministre Sanae Takaichi a remporté un scrutin décisif le 8 février. Selon Reuters, sa coalition semblait en mesure d’obtenir jusqu’à 366 sièges sur 465 à la chambre basse, soit une supermajorité permettant de faciliter son agenda législatif. C’est un sujet important pour Interslide parce qu’il raconte un Japon qui assume une ligne plus conservatrice, plus dépensière et plus sécuritaire, dans un contexte de rivalité avec la Chine et de pression américaine sur les alliés asiatiques. La victoire est aussi symbolique : Takaichi, première femme à diriger le Japon, obtient un mandat massif pour défendre une politique de baisse d’impôts, de dépenses publiques et de renforcement militaire.
Thaïlande : Anutin gagne sur une ligne nationaliste après la crise avec le Cambodge
La Thaïlande a voté le 8 février dans un contexte très tendu, après une crise frontalière avec le Cambodge. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul et son parti Bhumjaithai sont arrivés largement en tête, avec environ 192 sièges sur 500 selon des résultats préliminaires, devant le People’s Party et le Pheu Thai. Reuters souligne que cette victoire a été construite sur une stratégie nationaliste et rurale, dans un pays marqué par l’instabilité gouvernementale et les recompositions permanentes. L’autre élément important : les électeurs ont aussi approuvé l’idée d’un référendum pour remplacer la Constitution de 2017, héritée de l’ère militaire.
Portugal : la gauche modérée bat l’extrême droite, mais Chega progresse
Le Portugal a élu le socialiste modéré António José Seguro à la présidence lors du second tour du 8 février, face à André Ventura, figure de l’extrême droite et du parti Chega. La victoire de Seguro est large, mais l’élément le plus intéressant est ailleurs : même battu, Ventura ressort renforcé, Reuters notant que son score confirme l’influence croissante de l’extrême droite au Portugal et en Europe. Pour Interslide, le sujet permet de dépasser le simple résultat électoral : le Portugal reste l’un des pays où l’extrême droite a longtemps été contenue, mais la fragmentation politique, le coût de la vie et les tensions sur l’immigration ouvrent désormais un espace durable à Chega.
Bangladesh : une élection sans le parti de Sheikh Hasina
À quelques jours des législatives du 12 février, le Bangladesh est entré dans une séquence électorale très particulière : dans la ville natale de l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina, le symbole de son parti, l’Awami League, était absent pour la première fois depuis des décennies. Reuters rappelle que l’Awami League avait été exclue du scrutin, laissant le BNP et Jamaat-e-Islami comme principaux acteurs. C’est un sujet très fort, car il ne s’agit pas seulement d’une alternance : c’est la recomposition d’un pays de plus de 170 millions d’habitants après une crise politique majeure, avec une jeunesse mobilisée, une ancienne majorité disqualifiée et une démocratie qui tente de se reconstruire.
Grèce : Mitsotakis veut s’attaquer aux privilèges politiques et administratifs
Le 2 février, le Premier ministre grec a proposé de revoir l’immunité judiciaire des ministres et la garantie de l’emploi à vie dans le secteur public, dans le but de restaurer la confiance après un scandale de corruption. C’est un bon sujet Interslide car il parle d’un problème plus large que la Grèce : la défiance envers l’État, les privilèges perçus des élites et la difficulté des démocraties européennes à regagner la confiance des citoyens. Ce n’est pas une crise spectaculaire, mais c’est exactement le type de signal politique qui permet d’expliquer pourquoi les institutions traditionnelles sont contestées partout.
